L'Empire Contre Attaque

742 mots | politique |

L’Empire qui de dit pas son nom

Certains diront qu’ils ont vu venir le vent, d’autres qu’ils tombent des nues, et d’autres
nieront tout ce qui suit. Pourtant les faits sont là et l’accumalation de ceux dresse un
tableau des plus alarmants.

Un jeune militant

A y regarder de plus prés on aurait pu se dire qu’il y avait une certaine volonté carrièriste
chez cet homme depuis bien longtemps. En regardant de vieilles vidéos on peut en effet trouver
les mêmes traits dans le jeune militant qui participe à un débat il y a une vingtaine d’années
et dans le jeune président qui monopolise les débats vingt ans plus tard. Peut être …

Symptômes

Mais passons tout de suite à l’étude des symptômes, ce qui me fait tiquer, et qui en fait tiquer
d’autres : l’accumulation de nominations, les copinages bien placés, la main mise sur le parti
dont il est issu, la main mise sur le parlement, le gouvernement fantôme.

Les nominations

Depuis les premiers jours de la présidence c’est un véritable balais que l’on peut observer.
Les unes après les autres les places importantes dans les groupes de médias publics, semi-publics,
dans les grands groupes français, et dans les administrations, sont attribués à des fidèles,
à des hommes jurés du Président. Nombreux ont été les présidents qui l’ont fait, mais on
assiste ici à des placements systèmatiques dans tous les secteurs clés (médias, industrie,
administration).

Les copinages

Les grands groupes privés sont aussi liés au Président, non pas par des nominations mais par des amitiés
choisies et entretenues. Ainsi Dassault, Boloré et Bouyges constituent, entre autres, un cercle
d’amis du président. Ceux qui ne sont pas dirigés par le Président le sont par ses amis, qui
croient dans les mêmes valeurs, tout du moins tant que leurs intérêts se rejoignent. Et les autres ?
Les autres sont mis à l’écart : critiqués et rabaissés (Libération), attaqués en justice (Médiapart)
ou rendus tout simplement non valide (les blogs par la loi de modernisation de la presse).

La main mise sur le parti

Président de la République et Président de l’UMP ? Pas dans les papiers mais bien dans les faits
avec un déplacement et un discours en meeting de l’UMP pour les campagnes électorales. Comme s’il
ne laissait pas les rennes à qui que ce soit d’autres, comme si c’était toujours lui le patron.
Et de fait, on l’a vu à plusieurs reprises c’est lui le patron.

La main mise sur le parlement

De part la majorité écrasante de l’UMP à l’Assemblée Nationale et de sa bonne avance au Sénat,
l’UMP domine le parlement. Le parti empêche tout débat et toute construction en faisant de
véritables boulevards pour les lois demandées par le Président de la République. Ce que le
Président veut, le Parlement le vote (on l’a à nouveau vu avec Hadopi).

Le gouvernement fantôme

Il est double en fait. Le président s’est entouré d’un carré de super conseillés qui lui soufflent
tout ce qu’il doit savoir aux oreilles. Il décide et donne les ordres aux ministres qui, coute
que coute doivent alors les suivre. Ainsi un pesudo gouvernement invisible décide tout à l’Elysée
et le gouvernement qui n’est devenu qu’une ombre de lui même agît.

De part ces 5 méthodes le Président conduit le pays comme il conduirait une entreprise : en
contrôlant tout, en décidant tout. Cela n’est pas une République, cela est une Monarchie, un
Empire.

On est toujours en Démocratie

Selon la Constitution en cours il est vrai que nous sommes toujours en Démocratie. Mais réfléchissez
bien : si vous additionnez les 5 points précédents, et sachant que ce Président a de très bonnes
relations avec la ministre de l’Intérieur et donc la Police, cela fait beaucoup de pouvoirs
dans les mains d’un même homme. La République, la Démocratie, sont basés sur le principe
de la séparation des pouvoirs afin de permettre l’égalité de tous.

Que faire ?

Tant que l’on est en Démocratie, le Président ne peut museler plus qu’il ne le fait déjà le
Parlement (réforme du règlement exceptée) et les médias indépendants. Il nous reste donc ces
deux voix pour nous faire entendre et essayer de faire changer le cours des choses : contacter
nos représentants élus, faire du bruit dans les médias.

Il est urgent de se faire entendre avant que cet Empire qui ne dit pas son nom soit effectivement
là.