Chomdu Criseeeeuuu
Bon, j’ai bien essayé de ne pas poster sur le sujet mais la ahem j’ai un peu envie de vider le sac. Exercice probablement inutile et peu productif mais …
La criseeeeuuu est là, et les chiffres du chômage grossissent (en vert la crise actuelle, en bleu celle de 90 et en rouge celle de 2001). Nombreux sont ceux qui, à gauche, tirent à boulet orange sur les gouvernements, les patrons, etc … A mon sens tout celà n’est que sensationnalisme pour obtenir plus de voix et d’encartés dans leur propre petit club. L’idée étant évidement d’essayer d’avoir un poids suffisant pour influencer les décisions politiques.
Sur la rive d’en face on entend beaucoup de choses aussi. Sachant qu’ils ont le drapeau et qu’ils sont donc les seuls à pouvoir décider ils essayent tant bien que mal de garder leur bateau à flot en posant des rustines là où c’est possible.
Home, un film de YAB
Quand certaines de mes connaissances ont vu Home ils ont comme reçu un électrochoc, d’autres n’ont eu qu’un bref soupir, mais la plupart se sont dit “effarés” par l’ampleur du désastre qu’on leur montrait. Après avoir vu Un Jour sur Terre et Manufactured Landscapes (Paysages manufacturés), on peut se poser encore plus de questions.
Le constat est là : on a modifié la planète allant jusqu’à redessiner les cours d’eau, les montagnes et les vallées, l’air que l’on respire et l’eau des océans. Quasiement tout centimères carré porte l’empreinte, directe ou indirecte de notre activité. Bon soit.
What would Gandhi do ?
Qu’est ce que ferait Gandhi ? Si vous avez lu mon ancien blog (désormais perdu dans les limbes de l’internet) vous savez qu’une personne du siècle dernier m’a beaucoup marqué à travers les films, et livres que j’ai lu : Mohandas K. Gandhi. A réfléchir à ce qui se passe actuellement je trouve son message d’actualité : guerres, problèmes sociaux, ethniques et écologiques font rage, et son message de paix, de tolérance, et de re-localisation des moyens de production ne peut que raisonner en ce temps.
La pensée de Gandhi est souvent résumée ainsi : “N’utilise pas la violence, ne répond pas à la violence par la violence, mais laisse celui qui te torture voir le faux de son acte et de son idée au travers de ta souffrance”. On peut aussi creuser dans le côté sociologique et économique de ses actions puisqu’il a été connu pour encourager les Indiens à bruler les vêtements importés d’Angleterre et à réapprendre le filage de la laine et le tissage afin de redevenir indépendants et, en même, temps de redonner un travail honnête et un prix honnête pour le travail local.
La Crise Economique et la Crise Ecologique actuelles sont liées de façon importante sous différents angles. Dans “Manufactured Landscapes” on peut voir une usine produire des centaines, des milliers de fer à repasser par jour/semaine. On peut rapidement se demander où vont ces containers de fer à repasser ?! Quel marché peut il ingurgiter une telle quantité de fer à repasser, et s’il le peut, que fait on de la quantité de fer à repasser (au moins égale à la moitié si ce n’est au trois quarts) qui se font remplacer ?
Qui peut sainement penser que, encore encore encore et encore, la production sans cesse croissante de biens dans des usines toujours plus grandes pourra être avalée par le marché ?
Le postulat de départ de notre civilisation post industrielle est erroné : le marché n’est pas en perpetuelle expansion. Ce postulat entraîne la grande majorité des problèmes sociaux économiques et écologiques actuels :
- la délocalisation entraine une hausse du niveau moyen d’éducation/formation nécessaire au fur et à mesure que l’économie devient basée sur le service et non la production (donc du chomage)
- la production industrielle entraine une grande abondance de biens consommables
- l’abondance de biens devant être absorbée le marketing entre en jeu afin de créer les réflexes et besoins chez le client devenu consommateur
- la sur-consommation ainsi générée produit un surplus de déchêts auquel viennent s’ajouter des déchêts produits par un effet de bord du marketing et de l’éducation des consommateurs : emballages, prospectus …
- les déchêts ne pouvant être absorbés par un système de retraitement à la traine ils sont vendus et expédiés loin, dans ces mêmes pays qui produisent les biens mais qui ne peuvent recycler non plus
Il est important de noter que ces 5 points sont applicables à bien des cas de notre société : des céréales aux meubles en passant par bien d’autres choses …
Ce que Gandhi avait craint pour son pays arrive donc, d’une façon systématique et à très grande échelle, à l’échelle de la planète. Il rêvait d’une anarchie éclairée structurant un réseau fédéral d’unités sociales de base, nous avons créé une monarchie folle structurée en pyramide branlante reposant sur des sables mouvants.
La relocalisation des moyens de production et de distribution re tisserait probablement le tissu local, créerait des emplois et diminuerait notre dépendance vis à vis des transports. Au lieu d’avoir une brasserie monstrueuse et centrale en Hollande produisant pour le globe entier, on peut aisément imaginer des brasseries de taille raisonnable localisés plus prés des pôles consomateurs. Etc …
Mutation ?
Tout est voué au changement, tout. Ce qui apparaît doit disparaître. Une telle relocalisation, à grande échelle, changerait énormément de choses, et provoquerait à coup sûr l’effondrement de la plupart des empires qui sont nés, il y a plus d’un siècle ou moins, du phénomène inverse. A mon sens c’est pourtant la seule façon que l’on ait de survivre, de toute façon nous n’avons pas grand chose à perdre. Si nous relocalisons suffisement bien, et intelligement, nous pourrions donner à nos petits enfants les outils nécessaires à leur survie si les pays venaient à s’écrouler. Nous pourrions aussi, nous rapprocher un peu du rêve d’anarchie éclairée de Mohandas K. Gandhi. Ca ne serait pas évident, ni très facile, et il faudrait dire non à toutes les formes d’égocentrismes et d’égoïsme qui ne manqueront pas d’essayer de maintenir le système actuel ou d’en rétablir un similaire. Voilà bien ce qui est problématique : l’acharnement de chacun d’entre nous, moi le premier, à ne pas faire les sacrifices nécessaires à l’actuel survie de la planète, de cette immense collocation …
Pensez deux minutes à la quantité de choses que cela implique, tant au niveau individuel qu’étatique voir mondial … Si certains pays sont déjà (ou toujours) à un tel niveau d’organisation, ce n’est pas le cas (plus le cas) de la plupart …

